Assurance habitation : ce que votre contrat ne couvre probablement pas

Bris de glace, abri de jardin, matériel professionnel, fissures : les exclusions les plus fréquentes des contrats multirisques habitation et comment les corriger.

Assurance habitation : ce que votre contrat ne couvre probablement pas

Votre prime d’assurance habitation a grimpé cette année. La moyenne nationale est passée d’environ 177 € en 2025 à près de 190 € en 2026, et certains assureurs ont poussé les hausses à 10 ou 15 % sur des contrats individuels. La surprime catastrophes naturelles, elle, est passée de 12 % à 20 % de la prime de base au 1er janvier 2025. Payer plus cher donne le sentiment d’être mieux protégé. C’est rarement le cas : ce que le contrat exclut n’a pas bougé d’un pouce, et la plupart des assurés ne découvrent ces lignes que le jour du sinistre.

Le terme « multirisque » entretient la confusion. Il signifie « plusieurs risques », pas « tous les risques ». La différence tient dans quelques pages que personne ne lit.

Le mobilier de jardin, l’abri et tout ce qui est dehors

C’est l’angle mort le plus courant. Beaucoup de contrats standards limitent la garantie tempête et grêle aux bâtiments clos et couverts, en dur, fixés au sol. Un abri de jardin sous un certain seuil de surface, souvent 5 ou 10 m² selon les compagnies, tombe hors garantie. Idem pour les clôtures, les portails, les stores, les vérandas légères et les piscines hors sol.

Une bourrasque emporte votre abri de jardin et le carport en tôle : vous découvrez que seule la toiture de la maison était couverte. Le raisonnement de l’assureur est cohérent avec son contrat, ce sont des structures légères, réputées vulnérables, donc exclues par défaut. Vous pouviez les faire garantir, moyennant une extension à quelques dizaines d’euros par an. Encore fallait-il le demander.

Vérifiez aussi les canalisations extérieures. Une fuite enterrée entre le compteur et la maison relève souvent d’une garantie optionnelle, alors que la facture de recherche de fuite et de terrassement dépasse facilement 2 000 €.

Le bris de glace ne couvre pas ce que vous croyez

Le nom induit en erreur. La garantie bris de glace vise les vitrages fixes du logement : fenêtres, baies, porte vitrée, parfois la plaque vitrocéramique et le miroir de salle de bain si le contrat le précise.

La liste des recalés est plus longue qu’on ne l’imagine. Lustres et appliques, ampoules, vaisselle, bibelots en verre, objectifs d’appareil photo, écrans de télé et d’ordinateur : rien de tout cela n’entre dans la garantie. Un ballon d’enfant qui explose l’écran du salon ? Ce n’est pas du bris de glace. Ça bascule vers la responsabilité civile, et encore, à condition que le contrat indemnise les dégâts faits à vos propres biens. La plupart ne le font pas.

Le vitrage des vérandas et des serres suit souvent un régime à part, avec un plafond spécifique. Deux contrats vendus au même prix peuvent diverger complètement sur ce point.

Votre matériel professionnel n’est pas assuré chez vous

Voilà l’oubli qui coûte le plus cher aux indépendants. Un contrat habitation couvre les biens à usage privé. Le portable qui sert à votre activité, l’écran, l’imprimante, le stock, l’appareil photo d’un photographe, la caisse à outils d’un artisan : ce sont des biens professionnels, exclus d’office ou plafonnés à un montant symbolique, de l’ordre de 1 500 à 3 000 €.

Le télétravail brouille encore les cartes. Dès qu’une activité pro s’exerce chez vous, salariée ou non, à plein temps ou deux jours par semaine, une bonne partie des contrats vous demande de le signaler. Vous ne l’avez pas fait ? L’assureur sort l’article L113-9 du Code des assurances, parle d’aggravation du risque non déclarée, et rabote l’indemnité au prorata. Le piège est là : cette réduction frappe l’ensemble du sinistre. Pas seulement le coin bureau.

Si vous exercez à votre compte, cette couverture relève de votre assurance professionnelle, pas de votre contrat habitation. Une multirisque bureau ou une extension « biens professionnels au domicile » règle le sujet pour un coût modeste. Un incendie qui détruit votre logement et six ans d’archives clients, lui, ne se règle pas.

Les fissures, l’humidité et le défaut d’entretien

Le retrait-gonflement des argiles fissure des dizaines de milliers de maisons chaque année. La garantie catastrophe naturelle le couvre, mais uniquement après publication d’un arrêté interministériel reconnaissant l’état de catastrophe naturelle pour votre commune et la période concernée. Certaines communes attendent des années. D’autres essuient un refus. Sans arrêté, aucune indemnisation, même avec des fissures traversantes.

Le défaut d’entretien est l’autre grand motif de refus. Une infiltration par une toiture vieillissante, des joints de douche laissés à l’abandon, une gouttière jamais nettoyée : l’assureur estime que le dommage était prévisible et vous oppose une exclusion. Les experts sont formés à identifier ces situations, et un sinistre dégât des eaux sur cinq environ se solde par une indemnisation réduite pour cette raison.

Même logique pour les dommages causés par la seule chaleur, sans flamme. Une braise de barbecue qui troue votre terrasse composite, un fer à repasser qui brûle la moquette : ce n’est pas un incendie au sens du contrat.

Les trois vérifications à faire avant le prochain sinistre

Reprenez vos conditions particulières, ce sont elles qui priment sur la brochure commerciale, et contrôlez trois choses.

  • Le capital mobilier déclaré. Beaucoup de contrats tournent autour de 20 000 ou 30 000 €. Faites le tour des pièces et additionnez. La sous-évaluation entraîne une indemnisation proportionnelle en cas de sinistre partiel.
  • Le plafond des objets de valeur. Bijoux, montres, instruments, matériel high-tech : souvent limités à 20 ou 30 % du capital mobilier, avec parfois une obligation de coffre au-delà d’un montant.
  • Les franchises. Une franchise à 300 € rend votre garantie vol inutile pour la plupart des cambriolages de faible ampleur. La franchise catastrophe naturelle, elle, est fixée par l’État à 380 € pour les biens à usage d’habitation, et aucun assureur ne peut la prendre en charge.

Une remarque au passage sur les contrats souscrits en même temps qu’un crédit : les assurances habitation proposées par la banque au moment de la signature sont pratiquement toujours plus chères et moins souples que le marché. Si vous êtes en train de négocier un prêt immobilier, acceptez l’ouverture du compte si elle fait levier sur le taux, mais gardez la main sur l’assurance du logement. La loi Hamon vous permet de résilier à tout moment après un an, sans motif.

Vous ne supprimerez pas les exclusions, elles font partie de l’équilibre économique du contrat. Mais vous pouvez décider lesquelles vous acceptez, en connaissance de cause, plutôt que de les découvrir devant un expert. Une heure de lecture aujourd’hui vaut mieux qu’un refus d’indemnisation dans trois ans.